Le moment est proche où l'émotion légitime qui a saisi le pays ces six derniers jours va commencer à s'estomper. Vont alors se faire entendre les voix de celles et ceux qui vont nous demander expressément d'y demeurer le plus longtemps possible. Dans cet espace émotionnel confiné où l'on ne peut parler que de liberté d'expression menacée, d'attentats terroristes, de « jihadisme » et d'unité nationale. Depuis jeudi, cet espace porte un nom : « Je suis Charlie ». Et le sociologue Mathias Delori a fort bien mis en lumière les ressorts de l'« économie sélective de la compassion » qui y est aujourd'hui à l'oeuvre (à lire ici ).
Mensuel d' "enquête et satire en PACA", le Ravi a quelques mois devant lui pour sortir par le haut d'une situation de redressement judiciaire. Mobilisant toutes ses énergies et ses réseaux, sollicitant lecteurs et pouvoirs publics, la petite équipe du journal "qui ne baisse pas les bras" est sur le pont. Déterminée à ne pas laisser mourir un titre qui participe du débat démocratique dans une région qui en a singulièrement besoin. Rencontre avec des journalistes motivés.